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Venise (août 1999)
By Daniel Kurtzweil (première parution dans le bulletin de l'association #6 d'avril 2001)
 
Après 1300 km depuis Logonna-Daoulas, nous arrivons enfin sur les rives du lac Majeur. A Arona je me renseigne dans un commerce sur les possibilités de mise à l’eau du bateau. Le commerçant me conseille de nous rendre à Ispra où se trouve un chantier naval et une cale de mise à l’eau municipale. Le tarif de la manutention du chantier nous fait préférer la petite cale difficile d’accès mais gratuite. Disposant d’une carte très détaillée et indispensable des lacs italiens nous faisons cap au nord, il fait très chaud, le léger souffle de vent s’évanouit, et à coup d’avirons nous rejoignons la plage du Lido di Monvale pour la baignade et le déjeuner à l’ombre des grands arbres. De légères risées permettent à la Belle de l’Aulne de se déhaler jusqu’à Begirate, une petite ville très pittoresque accrochée au flanc de la montagne. Le lendemain nous partons de Lido di Monvalle car l’opération de mise à l’eau est facile sur la berge, et direction les îles Borromées, îles très touristiques où les villas et palais historiques avec leurs jardins suspendus rivalisent de beauté. Les 16 km du retour s’effectuent une fois de plus à l’aviron, les vents étant variables sur le lac de 50 km de long pour 4 de large, bordé de montagnes dépassant les 1000 mètres. Ici, une première pour notre bateau : plus de 300 mètres d’eau sous la dérive.
 
Aujourd’hui, orages violents et pluie battante, nous décidons de rejoindre le lac de Côme. A Côme, je suis la direction de Bellagio, ne tenant pas compte du panneau « interdit au plus de 8,00 mètres ». Je regrette vite mon imprudence car avec 12 mètres de longueur (camping-car + bateau) j’ai de grandes difficultés à circuler sur une route aussi étroite et nous parcourons 10 km avec angoisse avant de pouvoir faire demi-tour. Nous abandonnons l’idée de naviguer sur le lac de Côme et roulons vers le lac d’Iseo, 9 heures seront nécessaires pour parcourir les 200 km qui séparent Luino (lac Majeur) de Predore (lac d’Iseo). Après une baignade dans le lac nous dînons sur la berge profitant de la fraîcheur du soir. Le lac d’ Iseo : 22 km de long, 3 km de large, des sommets culminant à 1200 mètres et toujours beaucoup de profondeur (200 m), le port d’Iseo dispose d’une cale et une place au port nous a aimablement été prêtée par un plaisancier appréciant notre bateau.
Il y a trois îles sur le lac, dont Monte Isola, la plus grande île lacustre d’Europe, son sommet culmine à 600 mètres. Nous en sommes à environ 500 mètres lorsque l’éclipse du soleil du 11 août 1999 a lieu, le ciel s’est assombri, la température a chuté et le vent disparu ; le lac devenu sinistre nous met mal à l’aise pendant 10 minutes. Le soleil et le vent revenus nous faisons cap sur le port de Peschiera Maraglia pour déjeuner. L’ascension de l’île par les petits chemins caillouteux et escarpés nous mène à la chapelle de Madonna di Ceriola à 600 m d’altitude. Le retour à Iseo est très rapide car le vent est passé de force 1 à force 6/7 en moins de 5 minutes, l’arrivée dans le petit port misaine haute a été très sportive et très remarquée.
 
Nous arrivons à Venise sans aucune documentation sur les possibilités de navigation dans la lagune de Venise et le but maintenant est de trouver une place pour le camping-car et une cale de mise à l’eau pour le bateau (rien que cela !). D’instinct, nous prenons la direction de Punta-Sabbioni, c’est un cordon lagunaire donnant sur l’entrée de la lagune (Porta di Lido) face à Venise. Sur 20 km les hôtels, campings et boutiques se succèdent au point que nous avons un sérieux doute sur notre option. Dépités nous suivons la petite route qui longe la digue et mène au phare de la pagode et c’est à 200 m du phare au bord de la plage que se trouve un petit parking où nous passerons une semaine. C’est à 1 km de là, face au camping de Miramar, sur la grève que tous les jours nous mettrons le bateau à l’eau. Les cartes très détaillées (achetées sur place) de la lagune et de Venise sont indispensables ainsi qu’un annuaire de marées (nous n’en disposions pas) car avec un mètre de marnage le courant est assez fort.
 
Quelles sensations extraordinaires d’arriver à Venise par la mer sur notre Belle de l’Aulne, en faisant cap sur le Campanile, en empruntant le Grand Canal, toujours très animé, bord à bord avec les gondoles, bateaux taxis et autres vaporetos ! Nous passons sous les ponts célèbres comme le pont Rialto et le pont des Soupirs et sous de nombreux ponts moins connus car Venise en possède quatre cents. Quel plaisir, après avoir flâné place San-Marco de remonter à bord et quelques coups de godille plus tard de se retrouver loin de toutes agitations touristiques dans les petits canaux déserts.
 
 
La Lagune.
 
Le navigation en Lagune n’est pas compliquée si on respecte bien les chenaux et les horaires de marée car il est préférable d’être porté par les courants. L’île de Murano est mondialement connue pour ses verreries depuis 1291, nous visitons des fabriques où les artisans nous montrent leur savoir-faire. L’île de Burano est la plus gaie des îles avec ses maisons aux couleurs vives, elle est reconnues pour la qualité de ses superbes dentelles. Nous apprécions le calme de l’île San Francesco di Deserto qui abrite un monastère.
Venise et sa lagune méritent plus d’une semaine de découverte, nous nous promettons d’y revenir…
 
Daniel Kurtzweil, Seil 09 (revendu), La Belle de l'Aulne