Le saviez-vous ?
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Un Seil dans l'Aber Benoît
By Jean-Paul Auffray (première parution dans le bulletin de l'association #10 d'avril 2003)
 
     La neuvième édition du bulletin de l’AS.SEILS m’a donné l’idée de vous communiquer les modifications que j’ai apportées à mon Seil.
     Il faut reconnaître que le programme du Seil 53 n’est pas tout à fait en phase avec le cahier des charges initial.
     En effet il navigue essentiellement à la voile et en mer, dans l’aber Benoît et ses environs. Les avirons étant réduits au rôle de moteur auxiliaire.
     Ce programme cependant lui a posé deux problèmes :
 
1) Naviguer avec des vents soutenus, ce qui est assez fréquent en Manche.
     La faiblesse du franc bord ne me gêne pas outre mesure en mer. En regardant le bateau on se rend compte tout de suite que le clapot n’est pas sa « tasse de thé » : il préfère l’eau plate bien que la houle longue ne le gêne pas beaucoup. Par contre s’il faut remonter un clapot formé et court il a évidemment tendance à taper mais n’embarque pratiquement pas.
     Il m’est arrivé de naviguer avec un d’un bon force 6 mais avec des vents de terre : donc avec un clapot faible si l’on reste non loin de la côte. Pour rentrer avec 2 ris l’écoute (d’origine) était très dure et empêchait de bien régler la voile : la cap était lamentable et la vitesse médiocre. Avec 3 ris (il ne reste que 6 m2), à ma grande surprise l’écoute était très maniable, le cap et la vitesse excellents. De plus avec 3 personnes à bord la surface de toile était insuffisante pour rendre le bateau gîtard.
     Ce jour-là je me suis rendu compte des qualités du Seil en mer à condition de ne pas hésiter à réduire tôt.
     Le plan d’origine de François Vivier permet de naviguer dans ces conditions avec son mât dans un étambrai à l’arrière du banc. Le Seil 53 a été construit à partir d’un kit de Canotage de France et, si les nouveaux aménagements donnent un plus dans l’utilisation prévue par le cahier des charges du bateau, vu l’utilisation « voilière » que j’en fais, le système de fixation du mât devant le mât ne m’inspire pas confiance.
     Aussi j’ai installé une ferrure d’étambrai en inox qui est rassurante. Elle est peut-être un peu généreuse dans son échantillonnage mais j’ai utilisé les matériaux dont je disposais.
 
2) La capacité à remonter au vent dans un aber souvent étroit et contre un courant de plusieurs nœuds avec une voile dont il faut changer le point d’écoute à chaque bord (surtout quand on se trouve seul à bord) est assez difficile, voire impossible, dans certains cas alors que le gréement aurique de même dimensions passe bien.
     D’où l’idée d’un tangon articulé sur le mât qui peut servir également de bôme. Cela demande évidemment de gréer une nouvelle écoute.
     L’utilisation a montré l’efficacité du système et une personne seule peut tirer des petits bords de 10m ou moins sans efforts ni perte d’erre pour profiter des zones favorables.
     L’articulation du tangon est réalisée à partir d’une ferrure de gouvernail du commerce.
     J’avais pensé au départ adapter un gréement du genre monotype d’Arcachon mais je voulais que le Seil garde l’élégance du dessin de François Vivier.
     Pour retrouver le gréement d’origine deux minutes suffisent. Donc pas de problèmes de jauge pour les régates.
     Autre avantage : la bôme permet de régler le creux de la voile en fonction du vent.
     La partie bois de la bôme est en pin d’Oregon lazurée pour correspondre à l’aspect du bateau et mesure 3m x 52cm x 32cm. Elle ne gêne absolument pas le barreur à chaque virement.
 
Jean-Paul Auffray, Seil 53