Le saviez-vous ?
Proposez vos photos et vos récits dans la rubrique Contacts.
 
Arbre de Seil : le mélèze
Article paru dans le bulletin de l’association de janvier 2007
 
     Forestier dans les Hautes-Alpes, berceau français du mélèze, je me sens obligé d’écrire quelques lignes sur cet arbre remarquable, utilisé pour la construction des Seils en bois.
 
     L’arbre des sommets
 
     Arbre conifère de la famille des pinacées, le mélèze d’Europe (Larix decidua) se reconnaît facilement à ses aiguilles souples, groupées en touffe et surtout caduques.      En effet, le mélèze est le seul résineux français à perdre ses aiguilles chaque hiver.
     Attention à ne pas le confondre avec son cousin du Japon (Larix japonica) introduit sur les contreforts arrosés de l’Ouest du Massif Central. Le domaine de prédilection de notre mélèze autochtone reste les montagnes alpines.
     Avec son écorce épaisse, le mélèze ne craint pas le froid et se rencontre jusqu’à la limite de la forêt, vers 2300 mètres d’altitude. En montagne, il pousse doucement et peut vivre 600 ans.
 
 
     L’arbre de lumière
 
     En France, le mélèze se trouve concentré dans les Alpes du Sud où le climat sec et lumineux lui convient parfaitement.
     C’est une essence héliophile, qui a besoin de beaucoup de lumière, surtout pour les plus jeunes arbres.
     Le feuillage léger des mélèzes laisse passer facilement le soleil, qui favorise la croissance pendant tout l’été d’une jolie prairie fleurie en sous-bois.
     C’est ensuite un émerveillement de contempler son feuillage qui prend la couleur de l’or chaque automne.
     L’hiver enfin, la neige étincelle sous les arbres dépourvus de leurs aiguilles.
 
 
     Le mélèze et l’homme : une histoire partagée
 
     Comment expliquer l’abondance de cette espèce dans l’étage montagnard des Hautes-Alpes ? Pour trouver une réponse, il faut revenir 150 ans en arrière, l’âge moyen des mélèzes actuels. Vers 1850, les habitants quittent leurs villages de montagne pour trouver du travail en ville.
     A la suite de cet exode rural, les terrains délaissés par les troupeaux sont rapidement colonisés par le mélèze. Depuis la parution du code forestier en 1827, les forêts de montagne sont également mieux protégées.
     Si l’on ajoute le fait que son bois est très apprécié par les artisans et que l’herbage de son sous-bois est recherché par les éleveurs, on comprend facilement que les montagnards ont depuis longtemps favorisé cet arbre.
 
 
     Un bois unique
 
     Le bois du mélèze est toujours recherché. Les plus beaux mélèzes peuvent se vendre jusqu’à 80 €/ m3 sur pied (un arbre de 40 cm de diamètre mesure environ 1,5 m3). Si les mélèzes de France offrent des garanties de gestion durable, pour les bois importés des pays de l’Est (de plus en plus prépondérants) il vaut mieux choisir des bois écocertifiés (marques PEFC ou FSC).
     Ses défauts (échardes à la manipulation et poches de résine) et ses qualités sont connus depuis longtemps : résistant (on en fait des charpentes), esthétique (un grain fin d’une belle couleur rouge pour les plus belles provenances), très durable et imputrescible (les toitures sont encore faites de bardeaux) ; il est donc logique que le mélèze trouve sa place dans les bordés du Seil.
 
     Bon, maintenant, il ne reste plus qu’à construire un Seil en mélèze de pays, mais là, c’est une autre histoire…
 
 
Guillestre (05) décembre 2006
Emmanuelle, Frédéric TUILLIERE, et leurs enfants Adélie, Céleste et Andéol sur le SEIL 101