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La construction du Seil 18


L'auteur est le premier constructeur du Seil 18, version redessinée des anciennes versions contreplaqué du Seil avec pour objectif principal d'en rendre la construction encore plus facile. Tout au long de la construction, il a échangé des e-mail avec l'architecte qui a apporté aux plans les quelques modifications qui s'imposaient.

Seil 18 : la nouvelle version du Seil en contreplaqué

En avril 2008, les plans du Seil 18 me sont livrés par la poste Hollandaise. En attendant, j'avais déjà façonné le mât et la vergue au moyen des plans que l'architecte François Vivier m'avait envoyé à l'avance alors qu'il terminait l'étude de la nouvelle version du Seil.
L'ensemble reçu se compose d'un tube avec des tracés vraie grandeur et d'une enveloppe contenant les instructions de montage, un manuel d'instructions générales sur la construction bois et des plans, dont le plan de structure au 1/10ème très détaillé. Les tracés vraie grandeur sur calque polyester sont un outils merveilleux. Aucun lissage, ni aucun changement d'échelle n'est nécessaire. 
Il est vraiment difficile de se tromper, quoique j'ai quand même réussi à décaler une encoche de 2 mm !

Le mannequin de montage
Une particularité de ce nouveau plan est une solide poutre creuse de 30 X 40 cm qui assure un support bien rectiligne pendant la construction. En fait, cette poutre est aussi un support très pratique pour découper les bordés dans les panneaux scarfés de 6 m de longueur, si vous n'avez pas une longue table à disposition.
Aligner les gabarits de couples et le puits de dérive est probablement l'étape la plus importante dans le processus de construction du Seil 18. Si vous faites une erreur à ce stade, vous ne pourrez la corriger plus tard et votre coque sera déformée. Utiliser systématiquement le niveau à bulle pour s'assurer de l'alignement des gabarits et des cloisons et re-vérifier régulièrement. Un autre avantage de ce mannequin, c'est la possibilité de le basculer de 45° de chaque côté. 
J'étais sceptique au départ, mais cela s'est avéré pratique pour poser les troisièmes et quatrièmes bordés.
Poncer, poncer, poncer....
Il y a beaucoup d'imprégnation et de ponçage à faire avant de pouvoir retourner la coque. Chaque chant de bordé doit être imprégné d'époxy (j'ai choisi la méthode de clins collés), puis poncé, imprégné à nouveau, poncé... Ensuite la coque est stratifiée, 3 couches de bibiais 160 g/m² sur la sole et galbords, une simple couche sur les autres bordés.
Si jamais je construis un autre bateau, j'utiliserais une méthode plus traditionnelle avec du vrai bois au lieu du contreplaqué et un minimum d'époxy, car cette étape est pour moi la plus fastidieuse.
Note de l'architecte : l'auteur a fait beaucoup plus d'imprégnation et de stratification que prévu car il n'avait pas un contreplaqué de qualité marine. Seule une couche unique de tissu de verre sur sole et galbord est prévue par les plans.
Retournement
Après ce qui m'a semblé être un million d'années, nous avons enfin retourné la coque (encore très légère, elle a pu être soulevée par deux personnes) et abordé les travaux intérieurs. A ce stade, il est très important de garder la coque bien droite et bien calée. Je me suis inquiété de sa souplesse et j'ai interrogé François Vivier par e-mail pour savoir si c'était normal. Il m'a répondu que tout irait bien après la pose des éléments de structure interne et de fait c'est ce qui s'est passé : la coque est devenue très rigide.

Improvisations
Aussi méticuleusement qu'ait été établi un plan, il y a toujours une marge pour l'amélioration et l'improvisation, si je puis dire ainsi, sur le mode de construction.
Je n'aimais pas l'idée de couler du plomb liquide (inserts dans la dérive et le safran). A la place, j'ai tronçonné un rouleau de plomb pour toiture et mélangé les morceaux avec de l'époxy. L'ensemble a été coulé dans les découpes prévues. C'est une méthode moins risquée, et ce « porridge » de plomb et d'époxy est aussi plus inerte et plus résistant.
Une autre modification a été de stratifier entièrement la coque à l'extérieur, qui a été vernie et peinte avant retournement. J'ai été obligé de fixer l'aileron par l'extérieur car un élément longitudinal du mannequin rend impossible la pose de vis à l'intérieur. J'ai aussi ajouté quelques taquets ici ou là pour pouvoir poser les serre-joints nécessaires au collage de certaines pièces, comme la cloison 9 ou les courbes de tableau.

Construction sans souci
Mais la plupart des choses peuvent être faites sans improvisation. Les plans Vivier permettent de construire votre bateau véritablement sans souci. J'entends par là que si vous construisez votre Seil en suivant les plans et instructions, vous savez que vos efforts aboutiront à un bateau qui naviguera comme les autres Seils. Chaque fois que j'ai eu un doute sur un détail de construction, François Vivier m'a aidé avec des croquis complémentaires ou des explications. C'est très satisfaisant de voir son bateau éclore d'un tas de feuilles de contreplaqué et de lattes de bois massif.
En 6 mois de temps libre, week-ends et soirées, mon épouse et moi-même avons terminé notre Seil 18. Ce temps inclus la recherche des matériaux, l'assemblage d'une grand-voile à partir de la toile à voile pré-découpée et la réalisation de pièces en inox comme le rocambeau ou les aiguillots et fémelots de gouvernail. J'envisage même de monter ma remorque à partir de composants du commerce pour lancer le bateau très prochainement.


Heijo ALTING  ( Traduit de l'Anglais par François VIVIER )