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Le SEIL, prame norvegienne


Le SEIL était un bras de la Loire à Nantes, comblé de nos jours.
Le plan du SEIL voile-avirons est celui d'une prame norvegienne.

Une prame a pour caractéristique principale son absence d'étrave, remplacée par une levée surmontée d'une marotte, petit plat à l'avant, qui lui donne sa forme si caractéristique de "banane". Cette levée, identique à celle de beaucoup de bateaux fluviaux, comme les gabares, ou celle des péniches de débarquement est très pratique pour débarquer à pieds secs sur les plages ou les berges douces puisque le bateau s'échoue en surplombant la berge. De même pour reprendre la navigation et déséchouer, il suffira de mettre son poids sur l'arrière et le bateau se lève à l'avant sans effort...

La prame est à clins, comme beaucoup de bateaux scandinaves, construits en planches se recouvrant comme les ardoises d'un toit : facilité de construction et étanchéité pour des bateaux souvent tirés au sec et donc susceptibles de voir leur bois sécher en l'absence d'eau. Le clin (comme les ondulations d'un capot de 2 CV Citroën) apporte aussi de la raideur à un bateau en polyester, mais de la souplesse à un bateau en bois...

La prame a généralement une sole, ou fond plat, qui lui permet de passer dans très peu d'eau (Le SEIL = 0,15 m) mais certaines ont eu une quille. Par contre toutes ont un tableau à l'arrière, qui assure un volume imposant pour les aises de l'équipage.


Histoire de la prame



Les prames sont des bateaux stables et vastes dont l'origine est à rechercher du côté des caboteurs norvégiens qui les utilisaient comme annexes : les clins pour l'étanchéité d'un bateau souvent sur le pont, un encombrement réduit mais beaucoup de place pour équipage et provisions, de la stabilité pour les retours un peu chauffés d'équipages réputés dans toutes les marines du monde pour leurs grandes capacités liquides...

Fréquentant les ports de la Manche et de l'Atlantique pour des livraisons de bois, des enlèvements de vin ou de sel, les équipages se faisaient un peu d'argent de poche pour le retour en vendant leurs prames aux pratiques locaux, capitaines de yachts par exemple qui les ont acclimatées en rivière, en Seine notamment où Zola les évoque dans "Au bonheur des dames". Devenues bateaux de canotage, elles étaient les embarcations des "chahuts" à cause de leur stabilité qui les oppose aux "yoles" rapides et fines.

Sur la Seine elles sont devenues des bateaux de service, lamaneurs, passeurs d'eau les ont utilisées fréquemment. Le journal "Le Yacht" signale de nombreuses courses à l'aviron de prame lors des fêtes nautiques du début du siècle. Des voiles y ont été hissées à Rouen avant la première guerre mondiale en exemple d'un nautisme économique.

 

La prame norvégienne


Embarcation de plaisance "populaire", la "norvégienne" donne matière à cette caricature de Haffner (parue dans "Scènes de la Seine", de G H Thierry 1948). Les promeneurs et les rameurs "du dimanche" sont souvent plaisantés par les "YACHTMEN", à cause de leur maladresse, réelle ou supposée. Mais il est vrai qu'embarquer sur une "norvégienne" par son étrave "à cuiller" peut s'avérer assez délicat.