Le saviez-vous ?
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Deux récits pour un rassemblement

Plein-Seils 2008. Mise en Seine


Première participation pour l’équipage mais 10ème pour Bigorn.

Un Plein-Seils, ça se prépare avant, un peu de logistique, on part quand, on va où, quand est ce qu’on mange ?

D’habitude,  nous partons de Bordeaux sur la Gironde, sur le Bassin d’Arcachon, sur la Garonne. Pour nous, gens du sud, passer la Garonne c’est le Nord, alors pensez donc partir pour Rouen faire 7H de route pour naviguer aux portes de Paris, c’est de la folie et en tout cas pas des loisirs.

Notre GPS, qui a l’air de connaître, nous mène à Poses, charmant petit village niché entre 2 lacs et un bras de Seine. Nous y repérons 2 - 3 campings bondés dans lesquels nous pourrions nous échouer sans enthousiasme  avec notre voiture et notre remorque en attendant le début du Plein-Seils.  Nous allons repérer la base Nautique. Surprise il ne pleut pas,  le soleil est avec nous. Nous entrons à petite vitesse dans le parking de la base. Nous sommes Jeudi soir et nous ne sommes attendus que Samedi midi, toujours un œil pour savoir comment faire un ½ tour. Notre véhicule et son attelage dépassent les 10 mètres. Sorti de nulle part, Guillaume nous accueille. Bonjour Bigorn,  je vous attendais. Vous allez mettre votre remorque là, vous pouvez mettre votre tente là-bas, votre voiture ... Fini le spectre du camping bondé par les premiers rayons de soleil du printemps.
Timidement nous nous installons dans un petit coin sur un terrain désert de tout campeur au bord de l’eau. La « 2 secondes » de Décath destinée au pont du bateau fera sa première prestation sur terre.
Deux Yoles de Bantry se prélassent au mouillage. Notre Seil semble bien petit par rapport à ces grandes unités. Guillaume repasse pour s’assurer que rien ne nous manque. Echange de N° de portable au cas où. Présentation des commodités du site. Tout est super, grand soleil, pas une goutte d’eau, cale de mise à l’eau spacieuse.
Dès vendredi,  en piste, départ pour une découverte du plan d’eau. On mâte, mise à l’eau, c’est hissé, c’est parti, seul sur le plan d’eau nous sommes en tête, le monde bouge. Quelques bords, trois petits tours, nous tentons un arrêt sur une petite île où une maman cygne est en train de couver. Elle nous fait comprendre que ce n’est ni le lieu, ni le moment. Bigorn à l’ancre, nous nous restaurons en restant à bord. Petite sieste en plein soleil, que du bonheur, toujours en tête. Guillaume passe avec son annexe, et une poignée d’Optimists. Il nous indique le chenal vers la Seine en nous mettant en garde pour le passage sous le pont et le trafic commercial sur le fleuve.
Nous levons l’ancre et le vent suit. Entre deux  bosquets, Bigorn se faufile sous voile, nous arrivons dans une gravière en exploitation au milieu de barges gigantesques baptisées Chopin, Mozart,... que de la grande musique au milieu d’engins de chantiers gigantesques et bruyants.

Samedi matin, arrivée progressive des douze amis de Bigorn.
· Ases vient du Nord,
· Temps parseil   de Lyon,
· Gorge Bleue de Saint Nazaire,
· Guignette des Yvelines,
· P'tit Bout Gnaé de l'Essonne,
· Seil Tic de Brest,
· Odiseil de Suisse,
· Napadelis de Lorraine,
· Towanda de Paris,
· Grain de seil de la Haute Marne
· Sarcelle de Loire Atlantique
· et le club de Saumur avec un Seil.
Trois grosses bouteilles de lait sont mouillées en triangle par Guillaume. C’est quoi ces bouteilles de lait ? demande Bigorn. Dis moi c’est quoi ces bouteilles de lait ? Dis papa, dis moi comment on fait les Seils ? Alors ces trois bouteilles de lait c’est pour faire la course, deux manches de trois tours, on laisse tout à tribord et on tourne tout simplement autour. Pas de parcours olympique, pas de chinoiserie.
Cinq minutes, corne de brume, puis quatre, trois, deux, un, c’est hissé, c’est parti.
Par 15-20 nœuds de vent, les explications commencent.
Tribord, sous le vent, je vire ! Les règles de courses se transforment vite en route de courtoisie. Bigorn entre mes mains n’a jamais régaté. Nous nous sommes contentés de balades romantiques ou de concentrations bucoliques.

Première  manche, mauvais départ. Nos réglages ne semblent pas adaptés. Le point d’écoute ne convient pas à notre misaine.

Seconde manche, on change le point de tire pour nous remettre dans une configuration semblable aux autres. 1er tour en tête après un départ canon. Le vent monte, à la troisième bouée, je demande l’impossible à Bigorn et nous allons toucher la bouteille de lait. L’équipage suivant nous annonce: disqualifié !! Pas grave, on continue. La réparation de fortune faite la veille sur la tête de safran a pris du jeu, la barre n’est plus dans l’axe. Pas de soucis nous serons 4ème ou 5ème à l’arrivée avec 50 L d’eau pris sur un départ au lof complètement subit.
Retour à la plage, écope, rangement, sortie du pavillon de Guyenne, 19H AG de l’AS Seils.
Notre président et son vice-président, notre trésorière thésaurise et notre secrétaire n’est pas là.
Que faire ? Où aller ? Comment assurer la pérennité de notre  association ? Faut-il en plus du bureau un conseil d’administration, des représentants par bassin de navigation. Pour 2009 les idées fusent :
· Schengen (la ville des accords)
· Arcachon (ce n’est pas nous)
· L’étang de Thau (ça c’est moi)
· La Gironde, le lot  ...
Une heure de libre avant dîner en commun et barbecue géant. Un groupe percussionniste de jumbo attend sagement au soleil. Bigorn leur propose  une initiation à la godille. Deux groupes de quatre et c’est parti. Ca avance en rythme sur un miroir d’eau.
Dimanche 7H, les équipages s’activent autour des Seils pour une mise en Seine. Notre metteur en Scène Guillaume nous fait constituer trois colonnes de bateaux et nous quittons le lac en remorque pour rejoindre la Seine.  
Le long du parcours, nous paradons au milieu des cygnes répondant aux signes des résidents. Remontant la Seine en escadre nous n’inspirons aucune crainte aux descendants de ces valeureux guerriers installés dans de magnifiques maisons aux toits de chaumes avec des iris en fleurs,  équipées de pontons ou de garages à bateaux. Ici tout n’est que luxe, calme et volupté. Et pourtant la forme de nos Seils est inspirée des prames norvégiennes qui sont les héritières directes des drakkars ! Ces derniers ont,  me semble t-il,  hanté la région.
Une garcette, un nœud de bouteille et voilà une bouteille de Saumur qui descend la colonne de bateaux. Selon le même procédé un vin d’Alsace suit le même parcours.
Remonter la Seine en descendant un Saumur et un vin d’Alsace, voilà une facette de la magie d’un Plein-Seils.
Arrêt sur une berge argileuse de la Seine, plateaux repas et nous voilà repartis. Rames à poste, il faut aller à contre courant virer un bateau accompagnateur posté en amont. Dame de nage, aviron à poste, je ne parviens pas à étaler le courant. Après avoir vu la flotte s’éloigner sans nous, je décide d’envoyer la misaine et nous tirons des bords carrés devant notre point de départ. Une risée un peu plus forte que les autres invite à bord une centaine de litres d’eau. Nous repartons sur la berge pour pomper, écoper, éponger (PEE). Le volet Aviron est à revoir et ne rentre pas encore dans le spectre de nos compétences.
Descente de la Seine en balade sur un bras résidentiel, toutes les maisons sont plus belles les unes que les autres.Porté par le courant et vent de face et turbulent, chaque équipage utilise au choix les rames, la voile et même certains, la godille. Rassemblement avant la traversée de la route commerciale. Retour vers le campement.
Lundi : dernière régate à l’aviron et à la godille organisée après une séance  sur la Yole de Bantry.
Après ces quelques jours, nous revenons avec en tête une vision très positive des multiples capacités du Seil.
Merci Armel,  merci Guillaume, merci Poses, merci à l’AS.SEILS, merci à Isabelle et enfin merci à toute l’équipe qui a assuré la sécurité.

Hervé LESPINASSE, BIGORN, SEIL N°69

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Plein-Seils 2008

L’Association a 10 ans mais c’est le le 11ième Plein-Seils, ainsi le veut la loi des bornes et des intervalles. Ce 11ième Plein-Seils s’est déroulé dans la continuité de nos rassemblements mais ce qui le caractérise c’est le souvenir qu’il nous laisse d’un moment euphorique, certainement à cause du soleil de printemps  qui ne nous a pas quitté durant 3 jours. Je suis sûr que ces 3 jours resteront longtemps dans la mémoire d’un très joyeux trio d’adolescentes  qui ne se sont pas quittées pendant le week-end.

Samedi matin. 
Dès le début l’ambiance est chaleureuse, la présence de quelques « anciens » contents de se retrouver y est pour quelque chose. On n’hésite pas à planter les tentes en cercle dans un assez petit espace de l’immense base nautique. Ce terrain de camping improvisé, bien placé, un peu en hauteur avec vue sur le lac de Poses, sera notre quartier général durant les 3 jours.

 Samedi après-midi. 
Il fait beau et comme il y a un peu de vent, décision est prise de rester sur le lac et d’y faire des régates. Ce sera un après-midi fort agréable car le vent ne mollit pas et les régates sont fort intéressantes. La lumière est belle, les couleurs de plus en plus chaudes en fin d’après-midi et du lac nous pouvons déjà admirer les côteaux de la Seine que nous allons voir de plus près le lendemain.
 Samedi soir. Tout d’abord grosse activité près des bateaux et des tentes, on range les bateaux, on finit d’installer les tentes, et on discute, du Seil, de ses aménagements, des navigations passées. Puis c’est l’Assemblée Générale de l’Association, AG importante puisqu’on va y élire un nouveau Président et un nouveau Vice-Président, Christophe et Lionel. Qui seront élus à l’unanimité ! Puis barbecue et concert de musique de percussion africaine qui se prolonge dans la nuit. Beau spectacle, impressionnant la nuit tombée.

Dimanche matin. 
Calme plat comme prévu, les thermiques, ce sera pour plus tard. Le lac est superbe dans une très légère brume. Départ matinal (8 heures !) vers la Seine en 2 longues files de Seil remorqués. Nous accompagnent 2 yoles de Ness et une superbe yole de Bantry, elles-mêmes remorquées. Merci la SNSM. En route vers Heudebouville. Il n’y a qu’à admirer le paysage qui à certains endroits est parfaitement sauvage, ce qui en étonnera plus d’un. Quelques bouteilles de vin blanc circulent d’un bateau à l’autre. L’effet de ce petit vin blanc, du soleil, de la vitesse, du bruit de l’eau, les copains tout autour, on est vraiment au Paradis ! A Heudebouville, déjeuner sur l’herbe, ou plutôt dans l’herbe, bien haute à cette saison. Excellent plateau repas.

Dimanche après-midi.
Après une petite régate mixte voile/avirons retour par le bras de Connelles. Le vent est de face, de vitesse et de direction variables comme souvent en rivière. Les équipages passent l’après-midi à tirer des bords et à ramer. Ils ont quand même le temps d’admirer le paysage, les falaises de Connelles, le fameux moulin d’Andé blotti au fond d’un petit bras ombragé.

Lundi matin.
Calme plat comme la veille. Mais on ne s’ennuiera pas. Le lac est toujours aussi beau, on ne cesse de l’admirer. Puis les équipages embarquent à bord de la yole de Bantry commandée par Christophe, une découverte passionnante pour la plupart d’entre nous. Ensuite, les traditionnelles régates à l’aviron et à la godille. Déjeuner au restaurant de la Base et avant de partir la cérémonie des adieux avec la remise de la « voile bleue » à l’équipage de Gorge-Bleue et les remerciements chaleureux à Guillaume Masclet qui nous a si bien reçu.

Armel THIBAUD, GUIGNETTE, SEIL N°50