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Deux récits pour un rassemblement



Samedi 26 Mai, la météo annonce du vent et de la pluie pour le week-end, surtout pour Dimanche et Lundi.
Les 22 Seils et l’Ilur Rêve Bleu sont à l’heure au rendez-vous à 14 heures pour la mise à l’eau à la Chapelle sur Loire. L’endroit est très en contrebas de la route, pas visible derrière un muret et certains font quelques allers retours sur la route avant de trouver la descente vers la cale. Après la mise à l’eau, les bateaux sont rangés en grappe le long des berges car il n’y a pas de quai et le courant estimé à 1 nœud perturbe un peu le bon agencement des coques. On est déjà en navigation en restant sur place !! Après le traditionnel mot de bienvenue du président Armel, le briefing de Pascal et la distribution d’un magnifique « livre de route » illustré par le Club de Saumur, les équipages larguent les amarres…et se retrouvent tout de suite à dériver dans le courant. Les voiles sont hissées pour revenir face au courant mais le vent n’est pas très fort et les bateaux reculent!
Une fois les bateaux regroupés, le départ est donné et toute la flotte commence la descente avec un vent de travers faible. Les deux bateaux de sécurité sont déjà à l’œuvre pour alerter ceux qui s’éloignent du chenal. La consigne est de ne pas descendre du bateau en cas d’échouage à cause des sables mouvants et de ne pas laisser traîner la dérive sur le fond. On est loin de la navigation sur lac et il faut vite acquérir de nouvelles notions telles que dérive, courant, contre-courant, échouement etc…le week-end commence bien d’autant que le vent commence à se lever.
Les consignes pour passer devant la centrale nucléaire sont très strictes, l’eau est chaude par rapport à l’air mais l’atome n’y est pour rien !! Un premier pont à arches se présente et les « sécu » nous indiquent par où le passer en rappelant de ne pas le faire à la voile pour bien négocier la différence de niveau d’eau sous le pont. Un tout petit peu d’adrénaline, un peu d’huile de coude et nous voilà déjà sur cette marche liquide qui nous pousse vite loin du pont. Les premiers passés attendent les suivants pour les photos ou pour jouir du spectacle. Malgré les nuages, la vue est magnifique. Nous remettons à la voile avec un peu plus de vent pour atteindre Chouzé-sur-Loire où nous faisons une halte, la marotte dans l’herbe des berges ou sur la cale.
Après un petit exposé de Pascal, nous repartons sous voiles car le vent s’est levé mais dans l’axe du fleuve. La profondeur du chenal diminue sur cette portion et les « sécu » donnent la consigne de ne pas descendre trop de dérive. D’accord, mais un Seil au près sans dérive…heureusement le courant qui s’est renforcé nous déhale vers Montsoreau où nous arrivons à grand bruit de dérive et safran sur les cailloux du fond !
Nouvelle halte qui ne fait pas l’unanimité, il commence à être tard, le vent se renforce et quelques équipages piaffent pour repartir et finir le parcours à 3 kms de là. Cette dernière étape se fait sur un plan d’eau agité, au milieu des bancs de sable, vent de face et il paraît que quelques coques se sont « frottées ».
Tout le monde se regroupe sur la rive gauche à Turquant , bateaux tirés sur la plage de sable, à quelques centaines de mètres du stade où nous passerons la soirée et la nuit. Les minibus du club de Saumur ramènent les chauffeurs à la Chapelle sur Loire pour récupérer les véhicules et les remorques. On s’étonne d’avoir fait autant de route sur l’eau car la distance semble importante. C’est au retour que le ciel se dégage pendant quelques minutes et offre un paysage extraordinaire sur le mouillage à seulement deux photographes, les autres sont au stade. Après le montage des tentes, la soirée débute sous le préau du stade par un dîner « aux fouées », galettes de pâte à pain cuites dans un four à bois et qui se transforment alors en petits pains creux  fourrés ensuite de beurre, rillettes, haricots ou fromage. La soirée se poursuit ensuite par des danses folkloriques par le groupe « Les Genêts d’Anjou » de Fontevreau.
 
Dimanche 27 Mai, rendez-vous au briefing à 10 heures. Il pleut et certains équipages s’aperçoivent qu’ils ont oublié les cirés et les bottes…
Les bateaux sont tirés vers le chenal et le départ d’une manche à la voile est donné, vent moyen de travers bâbord, direction Saumur. La pluie se calme. Superbe parcours sur lequel la flotte reste bien groupée. A cette allure, les places au départ resteront pratiquement les mêmes à l’arrivée à Saumur. La différence se fait par le jeu du déventement entre bateaux.
L’arrivée à Saumur se fait sous la pluie et Pascal décide d’un arrêt à l’entrée de la ville pour aller faire un tour à pied. Mais la pluie redouble et toute la flotte repart vers le club de Saumur où l’arrivée est un peu perturbée par le courant qui est dévié par la cale. Le pique nique est servi dans une salle du club, la pluie et le vent se renforcent. A la fin du repas, une partie des équipages décide d’arrêter ici et d’aller faire du tourisme après l’assemblée générale de l’association. En milieu de l’après-midi, 8 bateaux et une « sécu » décident de continuer la descente vers Gennes.
 
La météo semble s’améliorer un peu, du moins en ce qui concerne la pluie.
La petite flotte rejoint rapidement à la voile l’île Ardouin où nous attend Pascal sur la « sécu » pour nous faire passer à l’aviron entre l’île et un îlot dans un passage très étroit et très boisé. Cet endroit est magnifique mais le courant nous empêche de nous y attarder. A la sortie, le ciel se dégage mais le vent se renforce sérieusement dans l’axe du fleuve. Il faut tirer des bords sous 2 ris entre les bancs de sable jusqu’à une zone bordée sur la rive droite par une levée de terre qui canalise le courant d’air. Le vent se renforce encore par rafales à cet endroit. A notre bord, un petit retard à larguer l’écoute de misaine et un équipier sous le vent au passage d’une rafale et le Seil se remplit. Nous regrettons de ne pas avoir laissé les planchers avant de partir et de ne pas avoir de seau. Il faut vider la coque avec la pompe et c’est très long ! Pendant ce temps la Loire continue de nous haler vers l’aval. La flotte attend les retardataires et nous apprenons que « La Belle Saumuroise » du club de Saumur a démâté suite à la rupture du banc d’étambrai. Pas de blessés, le mât est tombé en dehors du bateau. Pascal nous fait arrêter sur une île où les membres du club de Saumur nous expliquent pourquoi il peut y avoir des sables mouvants. L’arrivée à Gennes n’est plus très loin et nous amarrons les bateaux pour la nuit au bas du camping.
Le repas du soir est pris dans une grande salle à l’entrée du camping et la soirée se poursuit par un spectacle de prestidigitation et la remise de la misaine bleue à P'it Bout Gnaé N°46 à la famille Mougel.
 
Lundi 28 Mai, le vent s’est encore renforcé et souffle du Nord Ouest, en plein dans l’axe du fleuve qui moutonne. Les prévisions étaient 80km/h de vent en rafales, elles semblent ne pas s’être trompées.
Les équipages des huit bateaux qui sont à l’eau se concertent pour savoir qui va oser appareiller pour La Ménitrée à 10 Kms en aval, face au vent… Trois bateaux partent, deux sous 3 ris, un à l’aviron, avec un bateau sécurité…ceux qui restent ramènent leur bateau à la cale, le mettent sur remorque et partent pour La Ménitrée. En chemin, ils peuvent voir les quatre bateaux qui semblent minuscules, luttant contre le vent dans ce fleuve mouvant et blanc qui semble vouloir les avaler. Vu de terre, c’est vraiment impressionnant ! Ils arrivent enfin mais doivent contourner des grands filets de pêche et des bancs de sable avant de toucher la cale où les attendent ébahis les équipages qui regrettent un peu de ne pas l’avoir fait ! A ce moment tout le monde pense que le Seil est vraiment un bateau exceptionnel et sûr même dans des conditions dures.
Tout le monde se retrouve pour le pique nique sous une tente prêtée par la municipalité de La Ménitrée avant de se séparer.
Ce 10ème Plein Seils a vraiment été exceptionnel et n’aurait pas été si beau par temps plus calme et ensoleillé !!
 
Michel GUE, Skafaki N° 118

Quel beau spectacle ces 23 Seils à La Chapelle sur Loire ce samedi 26 mai, c'est à nous fiche des embruns dans les yeux. Ah comme elle devait être chouette l'époque de la marine de Loire avec son trafic de bateaux et ses habitants pas tristes du bord du fleuve
Retrouvailles, accueils des équipages par le club de voile du Saumurois, petit briefing sécurité et voilà les 23 canots partis. Passage sans encombre du pont d'Avoine en raft à rame et arrivée sous voiles à Chouzé sur Loire. On s'rait bien resté à lézarder au soleil sur les quais de cet ancien port fluvial mais on a de la route à faire jusqu'à la dégustation de vins de Loire promise au campement de Turquant, surtout qu'on s'arrêterait bien boire un p'tit coup de rosé à Candes st Martin, village classé parmi les "plus beaux villages de France".
Après une ligne de départ difficile à mouiller à cause du courant, on lance une première manche à la voile. Arrivée à Candes.
Ca passe vite une heure, il faut déjà repartir parce que si on vide son verre quand il est plein et qu'on le plaint quand il est vide, on va coucher là.
La petite soirée fouées, à rosé (ou rouge)à danser se déroule sans encombre sauf qu'on nous annonce du vent et de la pluie pour le lendemain. Certains foncent vers les bannettes en grommelant « on va quand même pas se lever demain à 9h s'il pleut ».le four encore chaud de la veille réveille les plus engourdis par l'humidité et offre des fouées bien chaudes, des pommes cuites et à 10 h le soleil donne le signal du départ ...quelle organisation !
Après cette 2ème manche à la voile, on approche de Saumur dans la bruine et lorsqu'on accoste devant la mairie il pleut vraiment ...ah ben bravo l'organisation. Pendant que les matelots s'entassent sous un abri de fortune, on entend « qui veut visiter la vieille ville à pied une petite heure? » Il fallait oser mais avant qu'une mutinerie n'éclate, on décida de changer de cap pour rallier le club de voile distant d'à peine 10' de rame. A peine touché terre, tout le monde se précipite au sec. La carrée de l'école de voile n'est pas conçue pour recevoir tout ce monde mais le csv sauveur accueille tous les réfugiés. En fait il avait déjà tout préparé le couvert pour calmer les estomacs et le vin pour réchauffer les coeurs. Dehors, c'est le déluge, la météo annonce un fort coup de vent pour l'après midi avec de la flotte et une tempête pour lundi. On prévoit de mettre en panne pour lundi, on peut tenter de naviguer aujourd'hui mais ce n'est vraiment pas engageant pour les familles avec de jeunes enfants. Un sondage est réalisé pendant le repas et 9 équipages seront sur le pont après la traditionnelle AG pour atteindre Gennes en bateau, les autres mettant sur remorque.
Le CVS improvise des visites de caves, de musées de jeu de boule de fort pour faire découvrir à ceux qui ne sont pas de quart les attraits du pays.
Le soleil apparaît comme par enchantement et on part avec 2 ris dans la misaine. On se faufile dans un passage secret, on s'échoue sur quelques bancs de sable d'où on se tire en poussant un peu. Avec très peu de dérive, au près par 20 - 25 noeuds de vent, il faut remercier le courant qui nous pousse ...dans les arbres parfois. Hé oui, c'est technique la navigation en Loire. Le vent est bon, certains bateaux s'aventurent devant le bateau moteur sensé ouvrir la voie, quelques uns passent, d'autres s'ensablent et tous arrivent après une 3ème manche à la voile à Cunault. On relâche devant ce très beau village et on largue les amarres toujours sous le soleil pour atterrir au pied du camping de Gennes. La pluie nous aide à ne pas traîner pour monter les tentes.
Comme tous les ans, y'a de l'ambiance dans le gaillard d'avant et cette année, Jean François le magicien-musicien nous a amusés étonnés et fait danser jusque tard dans la nuit avant de nous laisser rejoindre nos bannettes.
Les équipages qui arrivent en voiture et ont vu de leurs propres yeux la Loire en furie ce lundi, confirment aux autres occupés à petit déjeuner que la tempête est sévère et que la Loire est en colère, elle moutonne ... c'est foutu pour naviguer.*(je vous recommande un super BD pas facile à trouver mais qui vaut le coup "le grande fleuve" ed: Dupuis auteur: Aillery + Hiettre)
Cellule de crise. Que faire? Les moutons sont-ils des bêtes méchantes? Est-on coincés à Gennes? Est-ce le gouvernement qui nous punit de pas travailler ce lundi de Pentecôte en sabotant notre rassemblement ? On décide de ne pas se laisser impressionner, seuls les plus motivés prendront le départ sachant qu'on doit être paré à:
a..   affaler et continuer à la rame en cas de problème
b.. rejoindre la cale du Thoureil (à mi chemin) en cas d'impossibilité d'atteindre la Ménitré
c.. enlever le plancher pour alléger le bateau et mieux écoper. Les irréductibles Saumurois qui en ont vu d'autres sont déjà en tenue, Lionel (NAPADELIS) appareille et Armel (GUIGNETTE) ramera avec son équipage tout du long, ce qui n'est pas une mince affaire contre ce fort vent
Les 3 bateaux arrivent à bon port à la Ménitré tout heureux d'avoir bien navigué et profité d'une lumière exceptionnelle grâce au soleil qui toute la matinée surveillait gentiment sa petite flotte de bateaux.
Mais pensez bien qu'on a dû écoper et pas qu'un peu. Pour vous dire qu'il y avait du boulot, même Nadine à bord de "La Belle Saumuroise" quand elle a demandé « quand est ce que je peux aller chercher une bouteille dans la cambuse? » elle s'est entendue répondre une cinglant « pas avant l'arrivée ! » J'vous dis pas, toute une navigation sans boire un p'tit coup, ça n's'est jamais vu. C'était vraiment un temps de chien.
Petites réflexions de l'organisateur de la partie nautique
1.. évidement, avec du beau temps, tout aurait été plus sympa et les paysages beaucoup plus jolis
2.. Le club de voile du Saumurois avait superbement organisé ce rassemblement et a bien su improviser pour pallier aux intempéries.
3.. Lorsqu'on navigue seul, il est facile de s'adapter et de décider de partir ou d'annuler sa sortie en fonction de la météo. A contrario, quand la date est fixe, c'est aux marins de s'adapter et de prévoir qu'ils peuvent rencontrer toutes sortes de conditions météorologiques. Il est important et plus confortable d'avoir à bord un bon équipement vestimentaire. Il faut penser à se protéger du froid, de l'humidité et même du soleil.
4.. Le Seil se comporte bien dans le mauvais temps si:
a.. l'équipage est motivé, bien équipé, confirmé (sans se surestimer)
b.. on adapte la propulsion (voile ou rame) selon le vent et les vagues
c.. on adapte le matériel (prise de ris, plancher retiré, matériel attaché, affaires stockées dans des bidons étanches)
d.. c'est sportif mais c'est sympa
5.. Des collisions ont eu lieu hors régates. Il faut être vigilant quant à la position des autres bateaux même quand on est en balade surtout si la flotte est nombreuse. Il faudra penser a rappeler aux équipages d'être prudent lors des prochaines rencontres
6.. On profitera des prochains rassemblements pour potasser les règles de navigation et de course comme on a partagé dans le passé nos expérience surles réglages ou la godille.
7.. Personnellement, aux commandes de "La Belle Saumuroise", je tenais à ne rien casser, j'avais pris 3 ris et étarqué la voile au plus bas. J'étais donc assuré que le mât ne souffrirait pas vu sa section à la hauteur où portait la vergue, par contre j'étais vigilant pour la vergue. Au près, j'ai naturellement choisi de naviguer tranquillement en relâchant l'écoute à chaque fois que je sentais une claque de vent un peu trop forte pour l'espar. Nous avons navigué sans souci (à part la gorge sèche - la fameuse bouteille non débouchée) à la Ménitré.
Pascal BODY

Vidéo de François Lelièvre